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Un patrimoine menacé

La situation linguistique autochtone au Québec est préoccupante. On compte aujourd’hui plusieurs langues autochtones qui présentent différents degrés de vitalité. Des onze langues autochtones parlées sur le territoire du Québec il y a à peine quelques siècles, deux ne sont plus parlées (le huron, qui fait l’objet d’un projet de revitalisation linguistique, et le malécite, qui possèdent encore quelques locuteurs au Nouveau-Brunswick), une est en situation très critique (l’abénaquis), trois sont fortement en danger (le mohawk, le micmac et l’algonquin) et les cinq autres, soit l’innu, l’attikamek, le cri, le naskapi et l’inuktitut, bien que relativement mieux préservées, présentent néanmoins d’importants signes d’affaiblissement. Qu’elles soient parlées par des milliers de locuteurs ou seulement par une poignée, ces langues survivent tant bien que mal à la pression exercée par les langues dominantes. Plusieurs facteurs ont été proposés pour expliquer la baisse d’acquisition et d’utilisation des langues autochtones, notamment le faible nombre absolu de locuteurs pour chaque langue, la dispersion géographique des populations, la propagation des médias de masse dans les communautés et la hausse du niveau de scolarité en langue majoritaire.

À l’heure actuelle et sur le plan international il y a un consensus quant à l’importance de la sauvegarde des langues minoritaires et du respect de la diversité linguistique et culturelle. Les acteurs de ce mouvement proviennent d’horizons variés : les groupes autochtones, les universités et sociétés savantes, les organisations civiles internationales. Il est essentiel de mettre en commun ces expertises complémentaires pour préserver le patrimoine menacé que constituent les langues autochtones du Québec.

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